mégot.

news nazes

03 juillet 2009

[31] All the young dudes.

Ce titre, c'est celui d'une musique que j'écoute tout le temps en ce moment, de Mott the Hoople. Elle me fait me sentir vraiment bien!
Ce soir, je viens de regarder Transamerica, un film génial que je me suis fait un plaisir de revoir. Mum' est montée se coucher. Je suis allée dans la salle de bain en constatant avec horreur l'apparition sur mon visage d'un tout petit bouton, et je retiens mes pulsions dévastatrices en retournant dans le salon...
Je m'assieds devant mon ordinateur, j'allume I-Tunes et démarre "All The Young Dudes" avant de me réécouter la 5e symphonie de Beethoven que je connais par coeur.
Je verse ce qu'il reste de la bouteille de bière dans mon verre. Tiens, j'ai bu 66cl ce soir. Je baisse alors la tête et jette un regard agressif vers le petit ventre disgracieux que je porte là, tout en espérant que le fait même de froncer les sourcils suffirait à faire le disparaître. Sans résultat. Après un haussement d'épaules, j'admets ma défaite (tout en conservant mon air blasé) et j'avale la moitié du verre.
Demain, je ferais des abdos.
NB: Penser à trouver la motivation.

I-tunes me fait maintenant écouter la musique de John Williams, du film "Memoirs of a Geisha". Hier, j'ai d'ailleurs trouvé chez un brocanteur sicilien le roman en anglais. Je l'ai lu en français l'été dernier après avoir vu le film.
Je lis très peu en temps normal, nombreux sont les livres que j'ai juste commencés.
Celui-ci en revanche, je l'ai savouré, lentement et refusant d'admettre que cette histoire devrait se finir.
Arrivée à la dernière page, au tout dernier mot, j'ai constaté qu’il est terrible de finir un bon livre. Et dans un débordement de modestie, j'en ai déduit que j'étais géniale: Pas de fin de livre, pas de ce terrible sentiment! Ce n’étais donc pas la fainéantise de lire, mais du bon sens !
Puis j'ai lu d'autres livres, et je les ai terminés. Mon génie était donc particulièrement limité.
Aujourd’hui, j’ai de quoi lire ce roman en anglais, ça ne me fera pas de mal…
NB : Penser à trouver la motivation.

Je me sens mieux, plus sereine. J’ai pris le temps de retrouver ma solitude. Par contre, je n’ai pas encore retrouvé ma Sicile. Nous n’avons pas quitté la maison.

Et ma Sicile ne l’est pas sans : les Piaggio à 3 roues ; sans les rues pavées de pierres de lave de Piedimonte Etneo ; sans la plage bondée le jour et le bord de mer la nuit ; sans les traiteurs et leurs arancini ; sans le dialecte ;  sans une glace (chocolat et pistache) de chez al Pescatore ; sans le marché suffoquant de Catania ; sans les cailloux et l’eau glacée de la plage de Marina di Cottone ; sans les feux d’artifices à répétition, le jour comme la nuit ; sans le carillon de l’église de San Gerardo ; sans une balade sur le corso de Taormina, avant une assiette de pâte à l’encre de sèche à la Grotta Azzura ; sans les vieux siciliens assis sur les trottoirs à regarder passer les voitures ; et sans tous pleins d’autres détails qui font que je l’aime.
Dès demain, je la retrouverais…

Ce soir, vendredi 3, ma cousine et ses deux filles arrivent. Demain, j’irais pour la première fois cette année à mon QG qu’est le Lido Pennino, ou mes siciliens m’y attendront.
J’ai hâte de me faire mal aux pieds sur les cailloux en allant dans l’eau.
Il faudrait que je révise.
NB : Penser à trouver la motivation.

art[31]. end.

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28 juin 2009

[30] Le calme avant la tempête?

Aujourd'hui, dimanche 28 juin, j'ai fais mon premier bain de piscine alors que je suis arrivée lundi. Étonnant? Non, la météo n'a pas été en ma faveur, et mon moral lui, était particulièrement étrange.

Pour la première fois, quitter la France pour rejoindre ma Sicile m'a fait un peu mal au cœur. Plus je passe du temps dans ce paradis, plus j'en parle, plus j'aimerais partager mes petits plaisirs siciliens avec ceux que j'ai laissés en région parisienne.

Moi qui suis de nature plutôt solitaire, je n'ai retrouvée m'a bien aimée solitude que tout à l'heure, dans l'eau. Jusque là je me sentais seule, terriblement seule, et pas comme il me plait de l'être. Je dois préférer être n'importe ou bien entourée, que seule au paradis?

J'ai enfin savouré ma solitude donc, à écouter le silence, à sauver les insectes de la noyade puis à me laisser flotter à la surface de l'eau. Puis "rechute", j'ai imaginé cette eau plus agitée, et les réflexions que certains m'auraient lancées s'ils avaient pu être là.

"Quelle vie ma Chatte... c'est bon ça!"
"Fouriane! J'ai bu la tasse!"
"Tu vois meuf, mon kiff là, ça serait que l'eau se transforme en champagne!"
"Ouh pinaise, il manque plus qu'une bière... j'arrive!"
"Je comprends pourquoi tu nous snobes chaque été, saaaalope..."
"Moooouuuaaiiiii! AH, AH!"
"Toute cette flotte... ça me rappelle une blague de merde! Comment ça 'non..'?"

Et j'en passe!

Comme diraient les ménagères qui se sont empréssées de déposer leurs enfants à l'école pour aller dévaliser les boutiques de leurs vêtements soldés tout en préparant interieurement le discours peu crédible qu'elles pondraient le soir à leurs maris érintés au retour du travail afin de justifier leurs dépenses inconsidérées et pourtant tellement "utiles"... (on inspire profondément et on se prépare à gindre avec une voix stridente à une autre ménagère faisant la queue à la caisse les bras pleins de sacs):

"Bah qu'est-ce-que vous voulez ma bonne dame: C'EST LA CRISE!".

Bref, il ne me reste plus qu'à gagner l'euromillion, et à inviter tous ceux que j'aimerais voir ici.
En espérant que ce stade d'ennuis de tout, précède le stade d'euphorie permanente que m'inspire mon pays généralement. Ce manque de Vous en revanche, je comptes bien le garder.

Mickael Jackson est mort. Je rêve d'un reflex numérique. Je n'ai pas bronzé, je n'ai pas maigri. Je porte un tee-shirt Absolut Vodka.  J'ai 20 ans dans un mois et ça ne me fait strictement rien. J'ai envie de manger indien. Il y a de l'orage. J'ai un peu de sel sur la peau.

Ma muse m'a quitté brutalement.
Ciao tutti!

art[30]. end.

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23 juin 2009

[29] Ave Verum Corpus.

"En voilà un titre étrange" me direz-vous! C'est celui du requiem de Mozart que j'écoute en boucle en ce moment. Il m'évoque la mort, puisqu'un des morceaux avait été passé à l'enterrement de mon oncle, mais pas de quoi s'affoler. Je le trouve juste magnifique, d'ailleurs en l'écoutant il y a peu de temps, il a réussi à me tirer les larmes des yeux et m'a mis dans un état minable. Raaah la musique.

C'est étrange, mais je pense souvent à la mort en ce moment. Je repense d'abord aux conversations que j'ai eu avec des croyants. Eux étaient rassurés d'imaginer quelque chose après la mort, et ne comprenaient pas pourquoi je n'avais pas peur du néant que moi j'imagine! Ce n'est pas ce qu'il y a après qui m'effraie, mais plutôt de mourir trop tôt. Puis de fil en aiguille, j'en viens à penser que je ne veux pas mourir trop tard.

Vieillir, ce doit-être beau: voir les rides d'expression se marquer, celles qui rappellent le caractère. Puis sentir son corps autrement, les douleurs qui s'accentuent et les souvenirs toujours plus nombreux qui sont de plus en plus lourds à porter. Puis on doit être plus sage... ou plutôt plus serein, goûter la vie différemment. Mais ce qu'il doit y avoir de cruel dans la vieillesse, c'est de voir ses amis s'éteindre les uns après les autres. Et ça, je m'y refuse.

"j'veux mourir malheureux

pour ne rien regretter."

Je ne la trouve pas con cette phrase, c'est peut-être même ce que je me souhaite, quand je serais vieille et seule avec mes chats et mes chiens dans un appartement italien bien glauque.

Bref, voilà le sujet qui me revient souvent en tête quand je me lance dans mes réflexions solitaires. J'ajouterais même que je suis pour le don de mes organes, et que je veux qu'on disperse mes cendres sur l'Etna... Pourquoi l'Etna? La Sicile, mais ça vous vous en doutez, et puis parce que ce géant me fascine, et je suis sure qu'on ne se vante pas tous les jours d'avoir participé à une éruption volcanique!

Je suis en Sicile aujourd'hui! et ça depuis le Lundi 22 juin. J'ai eu peur en avion, pourtant j'ai l'habitude. Mais le plus bizarre, c'est que je me la suis provoquée! Je pensé à la catastrophe aérienne qui est arrivée il y a peu de temps. Que ressent-on lorsqu'on sait qu'on va mourir? Vous avez entendu parlé de ce couple qui avait raté ce vol, et qui urent un grâve accident de voiture peu de temps après? Comment réagit-on quand on y est pas préparé, et qu'on doit subir des dernières minutes qui paraissent une éternité?

Et quelle a été ma réaction pendant la zone de turbulences?! J'ai eu le bon goût de mettre mon ipod sur "l'oiseau de feu" d'Igor Stravinski. Puis, j'ai souri.

J'irais demain me receuillir au pied du pistachier, le tombeau de mon chien.

Les anegdotes sur les vacances viendront pour le prochain article, je ne pensent pas qu'elles aient leur place dans celui-ci.

Vous voulez me faire un cadeau? Offrez moi une place pour ce Requiem et une bouteille d'eau, que je m'hydrate avant quand toute l'eau me sorte par le yeux.

La vie est belle.

art[29]. end.

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06 juin 2009

[28] Débarquement.

Nous sommes le 6 Juin 2009, Obama, Sarko et le Prince Charles se font une petit sauterie à Caen pour le 65e anniversaire du D-Day.

Argenteuil: les routes barrées, les klaxons, l'installation de baraques à frittes, la musique des hauts parleurs de la rue se mélangent aux essais de la sono de la scène installée à l'ancien emplacement du cirque Zavatta. C'est un sacré bordel.

Voilà un peu plus de cinq mois que j'ai laissé ce blog entre parenthèses. J'ai failli écrire. je dis bien "failli", à mon retour de Sicile en février: j'avais été inspirée par les passagers du camion de la police pénitentiaire qui faisait le voyage avec moi. J'entre alors dans l'avion en espérant être tranquille. 4 rangées de gros-bas à têtes de psychopathes occupent le fond de l'avion... J'avance dans le couloir en cherchant ma place contre le hublot, plus je m'approche, plus ils se mettent à sourire. Enfin je réalise que je suis placée juste devant eux, et je m'assoie, accompagnée par les rires gras de ce qui avait l'air d'un groupe de futurs-ex taulards. Bref, pas de quoi faire tout un article.

Alors pourquoi revenir maintenant? Je n'ai pourtant rien de particulier à raconter (pour changer). Je suis en vacances d'ailleurs, et ça jusqu'en octobre. Mon chien est mort le 10 mai dernier, la belle Iris est enterrée sous le pistachier, en Sicile: c'est qu'elle a eu une belle retraite. Je bois mon expresso dans un verre, toutes les tasses sont dans le lave-vaisselle. Je vais bientôt partir pour une petite visite au musée d'Orsay, qui sera suivie d'une soirée à Saint Michel. Je pars retrouver Mum' le 22, j'ai encore pris un aller simple. La météo est déprimante, il fait sombre dans l'appartement. J'ai comme une envie de dormir. Ou peut-être une envie de bière? J'ai grossi.

Pas de doute, on s'en fou.

Alors, aidez moi à retrouver l'inspiration, envoyez vos dons! J'aime les grosses sommes d'argent.
Sinon? Considerez ce nouveau message comme une introduction naze, fidèle à ce blog, qui précède mon come back sicilien. Je comptes aussi poster à l'avenir les photos de mes copies de tableaux, de mes "créations", et peut-être de les mettre en vente. On verra!

Ciao tutti!
art[28]. end.

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30 décembre 2008

[27] 32 Décembre.

Ces derniers temps, je me pose beaucoup de questions. J'ai beaucoup de mal à écrire d'ailleurs. Je reformule plusieurs fois une phrase avant de passer à la suivante.

Étrangement, toutes les questions arrivent en même temps, si bien qu'au final, je ne les comprends plus. Et dès que j'arrive à en déchiffrer une, je bégaie dans mes pensées, et la réponse elle, est improbable, impossible, incompréhensible.

C'est fatiguant.

jvtse

Fin de l'année. J'ai comme un besoin de faire la rétrospective de mon année 2008. On m'a dit que j'avais beaucoup changé. Oui, mais pour devenir quoi?

cours; travaux; déménagement; aménagement; orchidées; Sidaction; dictionnaire d'italien; concerts; romans; chats; tatouage; anémie; déprime à répétition;... mais je ne pense pas que ces points m'aient le plus influencés.

Deux mots suffiront à récapituler mon année 2008... étonnant venant de moi, n'ayant pas l'habitude du résumé synthétique... C'est bête, c'est évident. C'est : Sicilia & Amicizia.

Ces deux mots ont ramolli l'autiste émotionnelle que j'étais. Et sincèrement, ça me dérange.
Je ne me prenais pas la tête à ce point lorsque je ne ressentais aucun sentiment particulier.
Je suis folle de mes amis, je suis amoureuse d'un pays... Mes yeux me piquent quand je regarde un film triste. Je souris bêtement lorsque je suis en bonne compagnie. J'ai des relents de niaiserie. Quand une chose m'agace, je râle. J'ai un besoin inconditionnel de me plaindre, même si ma vie est plus que satisfaisante.

Je ne veux pas rentrer en France. Je renie mes sentiments, aussi simples soient-ils. Ressentir m'épuise, j'aimerais que ça s'arrête et redevenir une autiste émotionnelle. I am a Rock, I am an Island. Ou plutôt, j'essaye de m'en convaincre en écoutant en boucle Simon & Garfunkel.

Mon problème, c'est que j'aurais aimé finir l'année avec la tête vide, pour bien commencer la suivante.
Je passerais le nouvel an avec les plus belles rencontres de cette année, pour retourner en France dès le lendemain. En larmes?
Si j'aborde 2009 dans la déprime, comment s'annoncera la suite?

Toutes les belles choses ont une fin. Je crois que dans mon cas, le mal ressentit par la fin est proportionnel à la beauté de la chose.
Alors oui, j'aime les rencontres, les expériences nouvelles, tout en ayant peur. Car les sentiments qui les accompagnent eux, me terrifient.

Mettre une telle introspection en ligne ne me ressemble pas non plus. Je ne dépasse jamais le stade des news qui vous font seulement croire que vous savez tout de moi. Vous l'aurez compris, j'ai besoin de vider mon sac. Sauf que ce sac n'a pas de fond, et que j'ignore ce qu'il y a dedans.

"Che andiamo cercando?"

art[27]. end.

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13 décembre 2008

[26] De la Malchance ?

J'ai décidé de ne pas sortir ce samedi soir. Pour me reposer, oui. Pour éviter des catastrophes, surtout.

Les petits tracas.

Ces derniers jours, les tracas m'ont beaucoup fait repenser à un livre délirant qu'on nous avait montré au lycée...
Le Baleinié, dictionnaire des tracas. Ou comment donner des noms à nos prises de têtes quotidiennes...

Les tracas sont là, tous les jours, tout le temps. On y fait plus ou moins attention. Allez savoir pourquoi, il y a des périodes dans la vie ou ils décident de se retrouver.
Ils rassemblent une assemblée, choisissent une victime, un laps de temps. Et un jour, alors qu'on s'y attend le moins, on se retrouve accablé d'une armada de tracas. Ces derniers ont tout prévu: ils manipulent les éléments et perturbent vos sens de façon à ce que votre environnement tout entier se retourne contre vous.

Ca commence par un réveil difficile, après une nuit à regarder l'heure. Vous faites une série de mauvaises manipulations. Vous êtes bruyant, vous nettoyez vos maladresses. Vous êtes en retard! Même si cette table basse a toujours été là, votre orteil a décidé d'aller brutalement l'embrasser. Vous vous sentez con à vous tortiller de douleur. Du retard dans les transports. Quel temps pourri. Ils m'énervent les gens. Pour vous détendre, vous faites la liste de ce que vous avez a faire. Mauvaise idée, maintenant vous êtes tendu comme un string.

Vous avez rendez-vous au labo pour vous faire pomper le sang. Vous êtes a jeun, vous creuvez de faim. Toute la ville à eu la même idée que moi, ce matin?... Le temps passe. Vous fantasmez rien qu'à l'idée de croquer dans un bon pain au chocolat. Vous faites des sourires forcés à tous les gens de la salle d'attente qui, pour passer le temps, vous rappellent à quel point la météo est désastreuse.

Après avoir analysé méticuleusement leurs chaussures (et ce afin d'imaginer certains traits de leur personnalité), voilà enfin votre tour.
Vous imaginez le nombre de dvds que vous auriez pu acheter grâce au prix de cette prise de sang. Est-ce-que je survivrais après qu'elle ait rempli ces 5 flacons?

Vous reprenez directement les transports pour Paris, en grignotant le pain au chocolat trop sec que vous aviez laissé dans votre sac à main. Je tuerai pour un café.

C'est déjà l'heure de déjeuner. Vous acheter des pâtes. Habituellement, elles sont bonnes. Dommage, pas aujourd'hui!

Arrivé en atelier, vos mains ne répondent plus à votre cerveau. Chacun de vos mouvements est une catastrophe, puis réaction en chaîne. Vous êtes maudis, et vos camarades le constastent. Ils vous conseillent une pause pour vous détendre un peu. Après avoir entrée la monnaie dans la machine, votre acharnement sur le bouton "cappucino" n'avancent a rien. Quelqu'un ajoute "effectivement, tu es maudite!". Enfin, la machine démarre. Puis le bâtonnet pour touiller tombe à côté du gobelet.

S'en est trop! je craque! Le cours suivant, la classe doit bouger dans une autre salle, trop petite, et qui manque de tabouret. On accuse votre malchance journalière.
Sur le retour, vous vous retenez d'étrangler une gamine capricieuse hurlante et sa mère incapable.

Demain est un autre jour.

Vous avez mal dormi. Votre rituel matinal n'a pas changé, mais il semble avancer au ralentit. Vous commencez votre jeudi par trois heures de sciences pendant lesquelles vous constatez à quel point vos capacités intellectuelles sont limitées. Le repas du midi est agréable, le cours de copie aussi. C'est anormale, donc vous prévoyez une catastrophe.

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Cours suivant. Arrive la catastrophe tant attendue. Une taule monumentale en dissertation, accompagnée par le piquant des tensions environnantes. Tout le monde vous énerve, les réflexions et les engueulades aussi. Le soir chez vous, vous dinez seul, et vous craquer, sans vraiment savoir pourquoi.

Le lendemain vous avez les paupières gonflées, vous aimeriez que le moral remplace votre tein de cadavre. Vous faites le vide, vous n'arrivez pas à vous concentrer, vous êtes de mauvais poil. Vous stressez en vue de l'examen du lendemain. Mais plutôt que d'aller réviser, vous passez chez votre tatoueur qui vous fait votre retouche. Et vous angoissez parce-que vous pourriez être en train de plancher.

Vous dormez plus mal que jamais. Il parait que la pleine lune en est la première cause. Vous regardez l'heure toutes les heures. Vous êtes réveillé en sursaut après avoir rêvé qu'on vous empêchait de dormir. Vous vous cognez la tête à un angle.

Vous partez trop tôt, le froid est mordant, les gens vous exaspèrent. Arrivée sur les lieux de l'examen. Vous sortez une série de conneries nerveuses qui vous détendent. Vous avez une pierre dans l'estomac. Puis, problème technique grâce à votre incapable d'examinateur. L'examen prend une heure de retard. La pierre dans votre estomac est à présent une montagne.

L'épreuve finie, vous avez des problèmes avec les transports en commun. Vous riez nerveusement.

Au point ou j'en suis...

Fin de la malchance estimée à aujourd'hui, samedi 13 décembre, à 13heures. Rien de tel qu'un bon repas en bonne compagnie. Vin chaud, perruques et cadeaux de noël!

moruesperruqueesdenoel

Je pense que cette nuit, je vais bien dormir.

art[26]. end.

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09 décembre 2008

[25] Le vent l'emportera.

Le vent nous portera. Noir Désir.


Je n'ai pas peur de la route
Faudrait voir, faut qu'on y goûte
Des méandres au creux des reins
Et tout ira bien là
Le vent nous portera

Ton message à la Grande Ourse
Et la trajectoire de la course
Un instantané de velours
Même s'il ne sert à rien va
Le vent l'emportera
Tout disparaîtra mais
Le vent nous portera

La caresse et la mitraille
Et cette plaie qui nous tiraille
Le palais des autres jours
D'hier et demain
Le vent les portera

Génetique en bandouillère
Des chromosomes dans l'atmosphère
Des taxis pour les galaxies
Et mon tapis volant dis ?
Le vent l'emportera
Tout disparaîtra mais
Le vent nous portera

Ce parfum de nos années mortes
Ce qui peut frapper à ta porte
Infinité de destins
On en pose un et qu'est-ce qu'on en retient?
Le vent l'emportera

Pendant que la marée monte
Et que chacun refait ses comptes
J'emmène au creux de mon ombre
Des poussières de toi
Le vent les portera
Tout disparaîtra mais
Le vent nous portera


Oui, je sais qu'elle date cette chanson. La dernière fois que je l'avais entendue, c'était cet été, à la radio au lido Pennino. La seule chanson française que j'y ai entendu, le seul groupe français que j'aime... Enfin je crois.
Et ce soir, ce fut "Un jour en France" et "l'Homme Pressé" dans le train, à me retenir de chanter... Puis "Tostaky" à fond sur le chemin entre la gare de l'appart' pendant laquelle je me sentais invincible. J'avais envie de hurler à tous les passants "Soyons désinvooooooltes! N'ayons l'aiiir de riiiieeen!".. Et enfin je me suis calmée en me passant "Le vent nous portera" en boucle. Légumisation. Je n'arrive pas à en retenir les paroles!

Après ma période noir désir, j'ai passé une heure sur musiquedepub.tv, à chercher de l'électro à mettre sur mon ipod. Puis j'ai écouté du Debussy et du Beethoven.

Quel genre de musique j'écoute?

Vendredi 28, soirée avec mon frère et sa fiancée. Je choppe une crève monstrueuse que j'anesthésie le lendemain à coups de zubrowka à une superbe soirée d'anniversaire.
Le dimanche 30 j'ai été au théâtre voir Yalta 1916, accompagnée de Mel.
Merci les affreux pour ces invitations, l'endroit était magnifique (paumé, mais magnifique), la pièce très sympa... Mais à plusieurs reprises nous avons maudit le petit (et très bon) acteur qui ne cessait de parler de bouffe... Je regrette juste d'avoir passé mon temps en apnée.
Lundi soir après les cours, j'emmène Mel au théâtre des Champs Elysées pour les 20ans du CRIPS, la 20e journée mondiale de lutte contre le SIDA. Un endroit magnifique, une loge rien que pour nous; baryton, ténor, violoncelle, orchestre et des pianistes de folie... musique française et champagne à l'entracte!
Ce qui nous marquera le plus, un piano quatre mains de Claude Debussy, une première publique française... introuvable!

th__tre

Puis il me faudra encore trois jours pour tuer cette crève à coups de rhinofébral. Et maintenant que je suis en forme, qu'ai-je fait de mon week-end?!
La réponse est aussi évidente qu'elle m'est énervante: RIEN!

J'ai regardé Titanic. Je voulais me rappeler pourquoi, quand j'étais petite, je rigolais lorsque jack meurt. Pourquoi Rose se sent-elle obligée de dire "Jack!" dans chacune des phrases qui s'adresse à lui?
Pendant leur dernière conversation, j'ai ajouté un petit "mais putain, achève le..." juste avant de regarder le temps qu'il me restait à me balancer sur ma chaise. C'est donc officiel, je n'aime pas ce film, presque autant que la chanson de Céline Dion dont l'air passe en boucle derrière...

Pour rattraper le coup, j'ai regardé l'Auberge Espagnole, Catch me if you can, et The Duchess. Je n'ai toujours pas vu le dernier Clint Eastwood, ce qui me fait regretter davantage d'avoir perdu mon temps devant Titanic.

On pourrait presque croire que je suis cultivée !

Maintenant me voilà dans ma chambre, je suis mal installée sur mon siège de bureau. Demain mercredi, alors que je devais pouvoir faire une grâce mat’, je vais devoir me réveiller, et aller à jeun me faire pomper le sang par ces vampires de laborantins …

Je crois bien que pas un jour ne passe sans que je pense à la Sicile. Mon tatouage lui, n’est toujours pas retouché, j’aurais aimé qu’il soit nickel pour mon arrivée là-bas. Mais c’est comme tout, je n’y pense que lorsque c’est vraiment pas le moment. Comme ce matin a 6h30 en sortant de la douche, ou maintenant avant d’aller me coucher… Quelle cruche.

D’ailleurs, après ce roman sans intérêt, je vais aller retirer mes lentilles, prendre ma pilule, défaire le lit que j’avais fait avec soin dans mon rituel quotidien, et me glisser dans mes draps qui sentent bon la lessive !

Buona notte!

art[25]. end.

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16 novembre 2008

[24] Born to be a Larve.

Un titre qui me représente assez bien, tiré du bouquin d'un illustrateur dont j'adore le blog..
http://www.bouletcorp.com/blog/

Je constate que c'est toujours lorsque j'ai le plus de boulot que se déclenche chez moi une flemme monumentale. Depuis la rentrée, le rythme était (très) soutenu, et nous voilà du jour au lendemain sous une montagne de travail. Pauvres étudiants branleurs que nous sommes! C'est ça quand on a perdu l'habitude de travailler, s'y mettre devient très compliqué...

"Bon week-end!.. Ah nan merde, c'est vrai... Roooh putain de merde."

Ce vendredi était du genre poétique, à visualiser en râlant les samedi et dimanche cauchemardesques qui nous attendaient. Et généralement, on s'imagine déjà assis à son bureau les yeux rougis de fatigue, le cerveau en ébullition, les neurones qui carburent et les révisions correctement planifiées.

Mais la réalité est tout autrement. Le samedi, après s'être éternisé devant les dessins animés, on se décide enfin à s'asseoir à son bureau. On allume son ordinateur. On relève ses mails. On se connecte à msn. On fait un petit tour sur facebook. Et on regarde l'heure: "merde! déjà?!". On regarde enfin dans son agenda, en tenant d'une main sa tête de peur qu'elle tombe. Il faut dire qu'un dos voûté la retient assez mal. Et dans un élan de motivation, on pousse un long soupir.
On révise à moitié, pas complètement concentré. Et le soir on se dit qu'heureusement, il reste dimanche...

Dimanche, on a trop dormi. On regarde "C'est pas Sorcier!" sur les poissons d'élevage et AutoMoto après une longue douche. On s'assoie à son bureau plus motivé que la veille, mais impossible de bosser, attiré par les odeurs de bouffe. Dad', revenu du Sicile la veille, a fait un tour au marché d'Argenteuil. On salive rien qu'à imaginer l'orgie culinaire qui nous attend! Le repas arrive: Enfin! On savoure, on prend son temps. Puis, l'heure est aux révisions... On se retrouve sur son lit, les paupières lourdes, le cerveau ramolli, les neurones en congé, et les cours éparpillés tout autour dans un désordre complet. Msn sonne, et on se retrouve à recevoir des photos de vacances. La tête s'évade en Sicile, impossible de reprendre, et me voilà à écrire un article pour mon blog alors que je devrais être en train de plancher comme une folle sur l'art du 17e siècle!

Bref, au point ou j'en suis!

La frangine rentre à l'hopital demain pour une lourde opération. Il y a des gens comme elle qui n'ont vraiment pas de chance, et d'autres comme moi qui se plaignent pour un rien. 

Coq.

C'est fou le temps que l'on peut perdre à chercher une phrase de transition potable.

Âne.

Vendredi soir, j'ai officialisé mon amour pour la Sicile! (voir la fin de art.[22])
On m'avait raconté que la douleur du tatouage était insoutenable, ce qui m'a permis d'arriver tout à fait détendue chez le tatoueur! Une belle connerie. J'avais la même impression que lorsque l'on joue du bout des doigts avec un coup de soleil pour faire des traces blanches.

Le résultat me plait, même si j'y retournerais pour faire quelques retouches parce qu'il n'est pas 'parfait'. En fait, la jambe du haut ne me plait pas. la cheville est trop large, la liaison molet-cuisse trop fine, et la partie vers le centre est pointue alors que je la veux arrondie.. Chose difficile à remarquer seule, car le temps qui Sibylle, qui devait m'accompagner, arrive du boulot et cherche une place, c'était déjà terminé! 30 petites minutes! Bref, je serais relou jusqu'au bout, car quitte à avoir un truc collé au corps à vie, autant qu'il soit parfait...

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Mais pour l'instant, il fait pas trop le malin, recouvert de pommade et d'un film plastique!

Il sera nickel pour les vacances de noel. Départ le 21 décembre, retour le 2 janvier. J'ai hâte de voir Mum, la maison, mes italiens adorés, mes chats, mon pays!

Dad' m'appelle pour dîner.

Vi amo <3 .

.art[24]. end.



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29 septembre 2008

[23] Déprime et nouilles chinoises.

Voilà presque deux semaines depuis mon retour de Sicile. Je me suis trompée sur l'estimation de mon temps de réadaptation. Deux semaines, ça n'est pas suffisant.

J'ai revu du monde, mais la plupart du temps, je l'ai passé seule dans ma chambre à regarder des films. Je n'aime pas sortir, parce-qu'au fond, ce qui me dérange le plus dans la France, ce sont les français. Je m'éternise dans mon lit.
Je cuisine beaucoup, et par conséquent, je mange beaucoup. Ma tendance est aux nouilles chinoises, préparées au wok, ou en soupe à 52 centimes d'euros. Et je mange, pour satisfaire ma "zone de la récompense", et faire réduire mon état de déprime. C'est efficace, mais sur les courtes durées... Deux heures après, en plein stade de digestion, je pense déjà à ce que je vais bien pouvoir cuisiner pour le repas suivant. Les tomates françaises sont dégueulasses, pas de goût. L'assaisonnement n'y change rien. Et résultat, je déprime même en mangeant.

Depuis quelque temps, on abuse du micro et de la webcam entre l'appart' français et la Casa Gallida sicilienne. J'y vois mes bébés chats qui ne sont plus mes bébés, le salon, et biensur Mum et tout le monde.

Le bruit du centre ville m'abrutie. Les voitures, les klaxons, les gens qui hurlent et la musique le dimanche. Ecouter le silence, quel pied, mais ça aussi c'est impossible.
17h55, Dad vient de m'appeler d'Orly.. Il revient de Sicile après quelques jours.

Rien de bien palpitant. En fait, je profite de cet article pour mettre les photos qui manquent au botin que j'ai écrit juste avant.

Album (trop, et pas assez) récapitulatif. Désordre complet.

Excursion sur l'Etna. Une partie de mes françaises et moi.
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Le théatre avant Lorin Maazel
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Souvenir d'un dîner à la sicilienne:DSC00203

Mes fauves, Neko, le dernier câlin...
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La troupe, malheureusement, je n'ai pas de photo de toutes mes rencontres...
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Gorges de l'Alcantare (avec une spéciale JeanMimi: Mon cul sur internet!)
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Un morceau de paradis
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Je suis amoureuse de ce pays.

.art[23].end.

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19 septembre 2008

[22] La Francia: StaMinchia!

Après environ deux mois d'absence, me voilà de retour sur ce blog...

C'est à mon grand désespoir, car généralement quand j'écris, c'est que je n'ai rien à faire. Et après plus de deux mois au paradis, ne rien avoir à faire, c'est désespérant! (il y a comme un écho..).

Intro foireuse: c’est fait!

Maintenant, ne vous attendez pas à ce que je vous résume tout ce que j'ai pu faire pendant mes quelques 2mois et 2semaines en Sicile. Ne vous attendez pas non plus à des repères chronologiques précis, car j'y avais perdu toute notion du temps. Et enfin, ne vous attendez pas à un ton joyeux, car me remémorer ces souvenirs pour écrire cet article, c'est de la simple torture.

Je ne m'étonnerais pas si cet article au final est un pavé gigantesque et quasi incompréhensible. Quoi qu'il en soit, il ne pourra même pas traduire une miette des émotions que j'ai vécues, mais suffit déjà à me remplir les yeux de larmes.
Je me suis attardé sur facebook parce que jamais je n'ai réussi à écrire plus de deux lignes pour ce blog, que chaque fois, je ne tardais pas à effacer.
Ca ne me ressemble pas d'avoir quelque chose sur le coeur qui soit de l'ordre des beaux sentiments! Généralement c'est un coup de gueule, un coup de stress, un coup de cynisme, et emballé, c'est pesé! Là, j'ai du mal. Ressentir, c'est ma spécialité, tout ce qui touche les sens, j'en abuse. Le franc-parler, je sais faire; le bien-parler, non. J'ai eu l'occasion d'entendre parler des gens chez qui traduire ce que tout le monde ressent est inné. Maintenant que j'aimerais faire de même, toutes mes pensées se bousculent, et pondre une phrase correcte est un effort cérébral épuisant… ( Évitez les blagues sur les blondes, surtout que je sais que le soleil ne m'a pas arrangé...).

Je n'ai pas passé autant de temps que je me l'imaginais dans la piscine. Au contraire. Quasiment pas même. Le mois de juillet, j’ai été plutôt seule. Non. Plutôt solitaire. Je passais mes journées complètes à la plage, sans jamais m’en lasser. Mum et moi rapportons les trois chatons à la maison. Je prend goût à être leur mère de substitution.
La famille et les amis allaient et venaient dans les deux dernières semaines, je n’aimais pas trop être avec du monde. J’en perd vite l’habitude. J’appréhendais le mois suivant, qui prévoyait d’être trois fois plus peuplé…
Certains arrivent, d’autres s’en vont, et moi je ne prévois pas de m’en aller de sitôt.

Mois d’août, c’est l’arrivée des filles des amis de la famille. J’ai peur de ne pas m’entendre avec. Je suis méfiante même, mais c’est une belle connerie. Explosion de bonne humeur et d’un humour qui me plait. Ces françaises font du bruit sur la plage. On fait la connaissance d’un groupe de siciliens et d’italiens. On les revoit tous les jours sur la plage, puis ils nous font découvrir la Sicile de nuit, leurs endroits favoris, leurs amis… On prend un rythme de folie, et on devient inséparables. Je me rend compte que je ne connais pas la Sicile après tout ce temps. Mon amour naissant pour le pays ne fait que s’accroître. Sans s’en rendre compte, chacune de nous progresse en italien, on s’accoude sur l’anglais, et l’on se chamaille en français. Un mélange épuisant, mais délirant. A force, je ne tiens plus en place. Moi qui, le mois précédant, ne supportais pas le monde, je ne supporte plus d’être seule.

Je lis « Geisha », de Arthur Golden. Je vais avec Mum au théâtre antique de Taormina, voir jouer Beethoven par Lorin Maazel. Je suis transportée. Mes chats grandissent, sont en bonne santé, et câlins comme je ne pensais pas que ça pouvait exister. De vraies machines à ronronner qui viennent tous les jours me réclamer de longs câlins. Et elles viennent dans mon cou téter un tissu noir&blanc, et frotter leurs têtes contre ma joue, et me miauler d’amour dans les oreilles entre deux ronrons intenssifs. 

Puis, le groupe commence à se réduire. Les adieux sont difficiles, et se font assez régulièrement. Ceux qui restent s’accrochent. On continue à sortir, mais c’est différent.
Plus le temps passe, plus on s’adore. C’est différent, mais que c’est bien ! A présent je suis la seule française qui comprend l’italien. Je fais office de traductrice. L’immersion dans le pays est grandissante, fascinante. Je me prend de tendresse pour ces nouvelles amitiés, qu’elles soient françaises ou italiennes… Et ça nous prend au ventre : toutes les belles choses ont une fin.

La France me hante, je ne veux pas rentrer. Je passe ma première soirée seule avec les siciliens, pendant que les filles sont a Taormina. On y regarde Into The Wild, réalisé par Sean Penn d’après le livre de Jon Krakauer, qu’aujourd’hui je suis en train de lire.

Puis les jours passent et le dernier jour de mes française à mes côtés se rapproche… On se promet déjà de se revoir une fois en France, mais au fond, on refuse d’admettre que bientôt tout cela sera fini. La nostalgie prend le dessus, ces derniers jours sont magnifiques, mais déjà tristes.
Mes françaises passent pas la maison avant de se rendre à l’aéroport de Catania. Elles m’accrochent autour du poignet un bracelet de toutes les couleurs qu’elles et notre sicilien portaient tous. L’heure des adieux, les voitures s’éloignent. Et là, je pleure. Moi qui ne pleure jamais, je n’arrive pas à me calmer. Elles me manquent déjà. Dès que mes yeux se posent sur le bracelet, c’est repartit. A présent je suis seule parmi nos amis siciliens. Je suis déboussolée, voire complètement larguée. Ils doivent reprendre leurs révisions en vue d’un examen. Je ne les vois plus autant. A là maison, je n’ai même pas envie d’aller dans la piscine. Je reste dans le canapé, avec mes chats dans le cou. Je les retrouve à la plage.   

Je lis « La fascination du pire » de Florian Zeller. Un personnage y dit quelque chose qui me marque : « C’est un peu con, mais c’est comme ça. Je suis nostalgique de ce pays avant même de l’avoir quitté. ».

Dans le groupe, je fais de nouvelles rencontres. Les sorties reprennent avec un rythme bien plus soutenu. C’est l’immersion totale. La plupart du temps je suis silencieuse, je les écoute. Je suis perdue, étrangement j’ai de plus en plus de mal à comprendre et à parler. Je les aime. J’aime la Sicile comme jamais. Je découvre la vie étudiante, et une nouvelle animation nocturne dont je suis amoureuse.
Les vacances sont terminées pour tous, et pourtant je ne veux pas rentrer. Ils me couvrent sans arrêt de compliments, et j’en reste muette, je ne m’attendais pas à autant d’affection. Puis, d’autres s’en vont, les adieux reprennent.

Dad’, Papy et moi allons aux gorges Alcantara, en passant par Castiglione di Sicilia. J’ai le musique du parrain de la tête.

Je ne m’ennuie jamais. Ils me disent que je fais partie de ces gens qui sourient tout le temps, même s’ils voient bien à quel point je suis triste. J’ai pris mon billet de retour pour la France, Le 15 septembre. Et seule, je pleurs. Quand je suis avec eux, je suis silencieuse, et sans m’en rendre compte, pensive. Si bien que chaque fois j’entends mon favoris me demander de ne pas être triste. Toutes les belles choses ont une fin. Mes vacances finissent, mais la vraie vie reprend, à Paris ; Tandis qu’eux, ils restent là, dans un pays où rien ne se passe.

Deux jours avant mon départ, très bel après-midi à Taormina avec Mum’, fini sur un orage gigantesque et des grêlons de la taille de glaçons !
Le lendemain, journée d’orage. On regarde Le Parrain. Je réalise que lorsque Apollonia est tuée dans l’explosion de la voiture, c’est à un endroit devant lequel je passais tous les jours pour aller à la plage… j’obtiens la confirmation sur internet. C’est le Castello degli Schiavi à Fiumefreddo. Ce soir là, mon dernier soir, le groupe à réduit. La soirée est belle, tranquille. Adieux difficiles, ils me manquent déjà, mais je ne pleurs pas. Même plus tard dans mon lit. Je suis heureuse de les connaître.
Au réveil, j’entend encore leurs voix. Mes chats me font un long câlin plein de tendresse, le dernier.
Je prend l’avion avec Mamy Simone. J’ai  « Bridge Over Troubled Water » de Simon & Garfunkel dans la tête pendant tout le voyage. Mon sicilien favori me l’avait dédicacée les derniers jours…
Arrivée à Charles de Gaulle. Il fait froid. Entendre parler français me dérange. J’aide une vieille femme sicilienne seule à s’en sortir. Les siciliens me manquent. Baguages ; voiture ; Paris ; Argenteuil. Arrivée en bas de l’immeuble, j’éclate en sanglots.
Et tout l’après-midi je n’ai pas pu m’arrêter. Je ne me réjouissais de rien. J’ai essayer de caresser le chat de ma sœur, qui s’est aussitôt mise à gronder, ce qui m’a fait pleurer d’avantage. Un verre le soir me fait changer les idées.
Le lendemain, départ pour Grenoble en TGV pour raccompagner Mamy-Simone. Soirée avec la famille que je n’avais pas vu depuis deux ans. Retour le jour suivant, avant hier. J’achète Into The Wild avant d’entrer dans le train. Le paysage défile, il fait froid, mais la France est belle. A l’appartement, je complète mon dossier pour l’école, que j’ai déposé hier. J’écoute des français, qu’ils sont mal aimables, comme ils se plaignent de tout.
Puis j’ai regardé « Le Cinquième Elément », qui à décroché Dad’ de son boulot, puis restaurant japonais.

Et nous voilà. Je fait tomber des larmes sur le clavier. Le bracelet autour de mon poignet s’est un peu délavé. Le museau noir et rose de mon chat sicilien fait mon fond d’écran de téléphone, et me fait haïr le chat de delph, qui m’a déjà griffé et mordu à plusieurs reprises.
Mum me manque, la maison me manque, la Sicile me manque, les siciliens me manquent.
Je passerais le nouvel an en Sicile, et je vais bientôt revoir Mes Françaises.
J’estime à deux semaines mon temps de réadaptation à la France.

Ma réaction paraît peut-être démesurée, je sais que je ne suis pas à plaindre, mais ça me fou un coup de poing énorme que d’avoir quitté ce paradis.

J’aime particulièrement une chanson depuis quelques temps. C’est « I am a Rock », de Simon and Garfunkel. Elle dit :

« If I never loved I never would have cried.
I am a rock,
I am an island. »

Je crois ne jamais avoir autant aimé, ce qui expliquerait pourquoi je pleure autant. En attendant de redevenir le ‘Rock’ que j’étais, je me ferais tatouer la Trinacria, symbole de la Sicile que je styliserais. Et que cela plaise, ou non !

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Posté par Gloom07 à 14:48 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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