20 septembre 2009
[33] Shakin' all over.
Encore un titre sorti de nulle part. Titre d'une chanson de The Guess Who que j'adore. Et probablement aucun rapport avec ce qui va suivre!
Il m'est arrivé beaucoup de chose depuis le dernier article. En particulier un piratage informatique plutôt dingue que je ne raconterais pas. Pas envie. Il a rendu mon retour en France plus pénible que d'ordinaire: j'aurais préféré pleurer de nostalgie que trembler de paranoïa.
La paranoïa. Je n'y avais jamais eu affaire avant. Du moins, jamais aussi fortement. Étrange découverte, d'ailleurs. Mes ongles rongés me maudissent, mes cheveux continuent à tomber mais mon appétit reviens doucement.
Un mal vous ronge et vous êtes impuissant. Vous savez que vous ne pouvez rien faire, sauf attendre. Il va falloir être patient. Ça passera, mais ce qui vous terrifie, c'est que ce mal se répand à une vitesse incroyable. C'est l'hémorragie.
Votre patience est inexistante. Étrange de ne plus avoir confiance en personne, d'avoir le sentiment que l'on observe vos moindres fais et gestes. Vos pieds creusent le sol car vous ne pouvez empêcher vos genoux de trembler. Vous faites la découverte de nerfs dont vous ignoriez complètement l'existence. Vos gestes sont brutaux, saccadés, maladroits. Vos mains sont crispées, mais elles soulagent ces démangeaisons qui en fait n'en sont pas vraiment. Vous regardez partout pour être certain qu'aucune information ne vous échappe, mais vous allez tellement vite que rien ne s'inscrit vraiment.
Je me souviens juste de ces gens à une terrasse dans Paris, à la table d'à côté, le visage baissé et le regard paumé, tournant longuement la cuillère dans la tasse à café, comme si le sucre n'avait pas assez souffert et que ce rituel devait se faire en groupe, dans le silence.
Mais tous écoutent attentivement le récit -Pourquoi suis-je devenue paranoïaque?-. Seulement, vous ne le réalisez que lorsque l'un d'entre eux tente de combler le silence, pensant que cela vous éviterais habillement de remarquer leurs oreilles tendues.
Vous faites mine de ne rien avoir vu, après tout vous êtes lancé dans votre histoire. Et ainsi recommence le rituel de tournage de petite-cuillère.
-Assez!-
Enfin, vinrent quelques retrouvailles. Cela fait toujours plaisir de se dire qu'on a des amis en quantité. Mais c'est encore mieux de sentir qu'ils sont de qualité.
Certains m'ont un peu perturbé, et ce n'est pas péjoratif. En les observant, les écoutant, j'ai comme déclenché de nouvelles interrogations. Vous savez, ces interrogations qui n'ont pas vraiment de forme, vous savez qu'une question vous démange et pourtant vous êtes impossible de la pondre. Mais vous n'essayez pas de la formuler au risque de passer pour un philosophe bègue qu'on aurait lobotomisé.
Bref, la question? C'est le couple. Le couple en le considérant dans sa globalité. Le bon comme le mauvais. Non, je rectifie, le bon ET le mauvais, car ils forment un tout.
Je me rappelle une phrase me qualifiant comme ayant une très haute idée de l'amour (ça doit probablement dater de ma -peu instructive- période astrologie). Et en y repensant, je pense que c'est vrai. Comment ne pas admirer cette chose qui semble à la portée de tout le monde excepté moi? Et comme j'ai un faible pour l'inaccessible, il semblerait que je sois amoureuse de l'Amour. Ce truc qui pousse tout le monde dans la déraison, moi ça me fascine. Mais ce que je ne comprend pas, c'est comment peut-on prétendre aimer si on refuse les conflits de couple? Comment peut-on apprécier les bonnes choses si on n'a pas vécu les mauvaises? Cela peu paraître pessimiste, mais l'Amour avec un grand 'A', comme ils en parlent dans les séries pour adolescentes perturbées en recherche d'identité, ça n'existe pas. Un amour si "parfait" ne peux et ne devrait pas exister. Pardon mais, bordel que ça doit-être chiant (et depuis quand je m'excuse lorsque je suis vulgaire?!)!
Il ne m'arrive jamais d'envier les couples. Mais ces derniers jours, j'ai comme eu envie d'engueulades. Ces engueulades sont loin de celles que je connais. Elles peuvent pousser ceux qui s'aiment à un point incroyable. Des hurlements, des gestes brusques, des crises de larmes, des portes qui claquent et des paroles non contrôlées... Et quelques instants plus tard, c'est le bouleversement, l'opposé total.
J'ai observé les couples, et j'ai définit je crois ce qui me plait le plus. Vous savez, lorsque l'intensité de l'amour est proportionnelle à celle de la crise! S'ils s'aiment passionnément, on se retrouve alors dans un vrai théâtre. Et on sait qu'à l'entracte, dans les coulisses, entre eux c'est spirituel.
Mais comme d'habitude, je préfère rêver en gardant les pieds sur terre. Attendre le Prince Charmant? Pourquoi pas, mais pas sans une bière...
.art[33]. end.