30 décembre 2008
[27] 32 Décembre.
Ces derniers temps, je me pose beaucoup de questions. J'ai beaucoup de mal à écrire d'ailleurs. Je reformule plusieurs fois une phrase avant de passer à la suivante.
Étrangement, toutes les questions arrivent en même temps, si bien qu'au final, je ne les comprends plus. Et dès que j'arrive à en déchiffrer une, je bégaie dans mes pensées, et la réponse elle, est improbable, impossible, incompréhensible.
C'est fatiguant.

Fin de l'année. J'ai comme un besoin de faire la rétrospective de mon année 2008. On m'a dit que j'avais beaucoup changé. Oui, mais pour devenir quoi?
cours; travaux; déménagement; aménagement; orchidées; Sidaction; dictionnaire d'italien; concerts; romans; chats; tatouage; anémie; déprime à répétition;... mais je ne pense pas que ces points m'aient le plus influencés.
Deux mots suffiront à récapituler mon année 2008... étonnant venant de moi, n'ayant pas l'habitude du résumé synthétique... C'est bête, c'est évident. C'est : Sicilia & Amicizia.
Ces deux mots ont ramolli l'autiste émotionnelle que j'étais. Et sincèrement, ça me dérange.
Je ne me prenais pas la tête à ce point lorsque je ne ressentais aucun sentiment particulier.
Je suis folle de mes amis, je suis amoureuse d'un pays... Mes yeux me piquent quand je regarde un film triste. Je souris bêtement lorsque je suis en bonne compagnie. J'ai des relents de niaiserie. Quand une chose m'agace, je râle. J'ai un besoin inconditionnel de me plaindre, même si ma vie est plus que satisfaisante.
Je ne veux pas rentrer en France. Je renie mes sentiments, aussi simples soient-ils. Ressentir m'épuise, j'aimerais que ça s'arrête et redevenir une autiste émotionnelle. I am a Rock, I am an Island. Ou plutôt, j'essaye de m'en convaincre en écoutant en boucle Simon & Garfunkel.
Mon problème, c'est que j'aurais aimé finir l'année avec la tête vide, pour bien commencer la suivante.
Je passerais le nouvel an avec les plus belles rencontres de cette année, pour retourner en France dès le lendemain. En larmes?
Si j'aborde 2009 dans la déprime, comment s'annoncera la suite?
Toutes les belles choses ont une fin. Je crois que dans mon cas, le mal ressentit par la fin est proportionnel à la beauté de la chose.
Alors oui, j'aime les rencontres, les expériences nouvelles, tout en ayant peur. Car les sentiments qui les accompagnent eux, me terrifient.
Mettre une telle introspection en ligne ne me ressemble pas non plus. Je ne dépasse jamais le stade des news qui vous font seulement croire que vous savez tout de moi. Vous l'aurez compris, j'ai besoin de vider mon sac. Sauf que ce sac n'a pas de fond, et que j'ignore ce qu'il y a dedans.
"Che andiamo cercando?"
art[27]. end.
13 décembre 2008
[26] De la Malchance ?
J'ai décidé de ne pas sortir ce samedi soir. Pour me reposer, oui. Pour éviter des catastrophes, surtout.
Les petits tracas.
Ces derniers jours, les tracas m'ont beaucoup fait repenser à un livre délirant qu'on nous avait montré au lycée...
Le Baleinié, dictionnaire des tracas. Ou comment donner des noms à nos prises de têtes quotidiennes...
Les tracas sont là, tous les jours, tout le temps. On y fait plus ou moins attention. Allez savoir pourquoi, il y a des périodes dans la vie ou ils décident de se retrouver.
Ils rassemblent une assemblée, choisissent une victime, un laps de temps. Et un jour, alors qu'on s'y attend le moins, on se retrouve accablé d'une armada de tracas. Ces derniers ont tout prévu: ils manipulent les éléments et perturbent vos sens de façon à ce que votre environnement tout entier se retourne contre vous.
Ca commence par un réveil difficile, après une nuit à regarder l'heure. Vous faites une série de mauvaises manipulations. Vous êtes bruyant, vous nettoyez vos maladresses. Vous êtes en retard! Même si cette table basse a toujours été là, votre orteil a décidé d'aller brutalement l'embrasser. Vous vous sentez con à vous tortiller de douleur. Du retard dans les transports. Quel temps pourri. Ils m'énervent les gens. Pour vous détendre, vous faites la liste de ce que vous avez a faire. Mauvaise idée, maintenant vous êtes tendu comme un string.
Vous avez rendez-vous au labo pour vous faire pomper le sang. Vous êtes a jeun, vous creuvez de faim. Toute la ville à eu la même idée que moi, ce matin?... Le temps passe. Vous fantasmez rien qu'à l'idée de croquer dans un bon pain au chocolat. Vous faites des sourires forcés à tous les gens de la salle d'attente qui, pour passer le temps, vous rappellent à quel point la météo est désastreuse.
Après avoir analysé méticuleusement leurs chaussures (et ce afin d'imaginer certains traits de leur personnalité), voilà enfin votre tour.
Vous imaginez le nombre de dvds que vous auriez pu acheter grâce au prix de cette prise de sang. Est-ce-que je survivrais après qu'elle ait rempli ces 5 flacons?
Vous reprenez directement les transports pour Paris, en grignotant le pain au chocolat trop sec que vous aviez laissé dans votre sac à main. Je tuerai pour un café.
C'est déjà l'heure de déjeuner. Vous acheter des pâtes. Habituellement, elles sont bonnes. Dommage, pas aujourd'hui!
Arrivé en atelier, vos mains ne répondent plus à votre cerveau. Chacun de vos mouvements est une catastrophe, puis réaction en chaîne. Vous êtes maudis, et vos camarades le constastent. Ils vous conseillent une pause pour vous détendre un peu. Après avoir entrée la monnaie dans la machine, votre acharnement sur le bouton "cappucino" n'avancent a rien. Quelqu'un ajoute "effectivement, tu es maudite!". Enfin, la machine démarre. Puis le bâtonnet pour touiller tombe à côté du gobelet.
S'en est trop! je craque! Le cours suivant, la classe doit bouger dans une autre salle, trop petite, et qui manque de tabouret. On accuse votre malchance journalière.
Sur le retour, vous vous retenez d'étrangler une gamine capricieuse hurlante et sa mère incapable.
Demain est un autre jour.
Vous avez mal dormi. Votre rituel matinal n'a pas changé, mais il semble avancer au ralentit. Vous commencez votre jeudi par trois heures de sciences pendant lesquelles vous constatez à quel point vos capacités intellectuelles sont limitées. Le repas du midi est agréable, le cours de copie aussi. C'est anormale, donc vous prévoyez une catastrophe.

Cours suivant. Arrive la catastrophe tant attendue. Une taule monumentale en dissertation, accompagnée par le piquant des tensions environnantes. Tout le monde vous énerve, les réflexions et les engueulades aussi. Le soir chez vous, vous dinez seul, et vous craquer, sans vraiment savoir pourquoi.
Le lendemain vous avez les paupières gonflées, vous aimeriez que le moral remplace votre tein de cadavre. Vous faites le vide, vous n'arrivez pas à vous concentrer, vous êtes de mauvais poil. Vous stressez en vue de l'examen du lendemain. Mais plutôt que d'aller réviser, vous passez chez votre tatoueur qui vous fait votre retouche. Et vous angoissez parce-que vous pourriez être en train de plancher.
Vous dormez plus mal que jamais. Il parait que la pleine lune en est la première cause. Vous regardez l'heure toutes les heures. Vous êtes réveillé en sursaut après avoir rêvé qu'on vous empêchait de dormir. Vous vous cognez la tête à un angle.
Vous partez trop tôt, le froid est mordant, les gens vous exaspèrent. Arrivée sur les lieux de l'examen. Vous sortez une série de conneries nerveuses qui vous détendent. Vous avez une pierre dans l'estomac. Puis, problème technique grâce à votre incapable d'examinateur. L'examen prend une heure de retard. La pierre dans votre estomac est à présent une montagne.
L'épreuve finie, vous avez des problèmes avec les transports en commun. Vous riez nerveusement.
Au point ou j'en suis...
Fin de la malchance estimée à aujourd'hui, samedi 13 décembre, à 13heures. Rien de tel qu'un bon repas en bonne compagnie. Vin chaud, perruques et cadeaux de noël!

Je pense que cette nuit, je vais bien dormir.
art[26]. end.
09 décembre 2008
[25] Le vent l'emportera.
Le vent nous portera. Noir Désir.
Je n'ai pas peur de la route
Faudrait voir, faut qu'on y goûte
Des méandres au creux des reins
Et tout ira bien là
Le vent nous portera
Ton message à la Grande Ourse
Et la trajectoire de la course
Un instantané de velours
Même s'il ne sert à rien va
Le vent l'emportera
Tout disparaîtra mais
Le vent nous portera
La caresse et la mitraille
Et cette plaie qui nous tiraille
Le palais des autres jours
D'hier et demain
Le vent les portera
Génetique en bandouillère
Des chromosomes dans l'atmosphère
Des taxis pour les galaxies
Et mon tapis volant dis ?
Le vent l'emportera
Tout disparaîtra mais
Le vent nous portera
Ce parfum de nos années mortes
Ce qui peut frapper à ta porte
Infinité de destins
On en pose un et qu'est-ce qu'on en retient?
Le vent l'emportera
Pendant que la marée monte
Et que chacun refait ses comptes
J'emmène au creux de mon ombre
Des poussières de toi
Le vent les portera
Tout disparaîtra mais
Le vent nous portera
Oui, je sais qu'elle date cette chanson. La dernière fois que je l'avais entendue, c'était cet été, à la radio au lido Pennino. La seule chanson française que j'y ai entendu, le seul groupe français que j'aime... Enfin je crois.
Et ce soir, ce fut "Un jour en France" et "l'Homme Pressé" dans le train, à me retenir de chanter... Puis "Tostaky" à fond sur le chemin entre la gare de l'appart' pendant laquelle je me sentais invincible. J'avais envie de hurler à tous les passants "Soyons désinvooooooltes! N'ayons l'aiiir de riiiieeen!".. Et enfin je me suis calmée en me passant "Le vent nous portera" en boucle. Légumisation. Je n'arrive pas à en retenir les paroles!
Après ma période noir désir, j'ai passé une heure sur musiquedepub.tv, à chercher de l'électro à mettre sur mon ipod. Puis j'ai écouté du Debussy et du Beethoven.
Quel genre de musique j'écoute?
Vendredi 28, soirée avec mon frère et sa fiancée. Je choppe une crève monstrueuse que j'anesthésie le lendemain à coups de zubrowka à une superbe soirée d'anniversaire.
Le dimanche 30 j'ai été au théâtre voir Yalta 1916, accompagnée de Mel.
Merci les affreux pour ces invitations, l'endroit était magnifique (paumé, mais magnifique), la pièce très sympa... Mais à plusieurs reprises nous avons maudit le petit (et très bon) acteur qui ne cessait de parler de bouffe... Je regrette juste d'avoir passé mon temps en apnée.
Lundi soir après les cours, j'emmène Mel au théâtre des Champs Elysées pour les 20ans du CRIPS, la 20e journée mondiale de lutte contre le SIDA. Un endroit magnifique, une loge rien que pour nous; baryton, ténor, violoncelle, orchestre et des pianistes de folie... musique française et champagne à l'entracte!
Ce qui nous marquera le plus, un piano quatre mains de Claude Debussy, une première publique française... introuvable!

Puis il me faudra encore trois jours pour tuer cette crève à coups de rhinofébral. Et maintenant que je suis en forme, qu'ai-je fait de mon week-end?!
La réponse est aussi évidente qu'elle m'est énervante: RIEN!
J'ai regardé Titanic. Je voulais me rappeler pourquoi, quand j'étais petite, je rigolais lorsque jack meurt. Pourquoi Rose se sent-elle obligée de dire "Jack!" dans chacune des phrases qui s'adresse à lui?
Pendant leur dernière conversation, j'ai ajouté un petit "mais putain, achève le..." juste avant de regarder le temps qu'il me restait à me balancer sur ma chaise. C'est donc officiel, je n'aime pas ce film, presque autant que la chanson de Céline Dion dont l'air passe en boucle derrière...
Pour rattraper le coup, j'ai regardé l'Auberge Espagnole, Catch me if you can, et The Duchess. Je n'ai toujours pas vu le dernier Clint Eastwood, ce qui me fait regretter davantage d'avoir perdu mon temps devant Titanic.
On pourrait presque croire que je suis cultivée !
Maintenant me voilà dans ma chambre, je suis mal installée sur mon siège de bureau. Demain mercredi, alors que je devais pouvoir faire une grâce mat’, je vais devoir me réveiller, et aller à jeun me faire pomper le sang par ces vampires de laborantins …
Je crois bien que pas un jour ne passe sans que je pense à la Sicile. Mon tatouage lui, n’est toujours pas retouché, j’aurais aimé qu’il soit nickel pour mon arrivée là-bas. Mais c’est comme tout, je n’y pense que lorsque c’est vraiment pas le moment. Comme ce matin a 6h30 en sortant de la douche, ou maintenant avant d’aller me coucher… Quelle cruche.
D’ailleurs, après ce roman sans intérêt, je vais aller retirer mes lentilles, prendre ma pilule, défaire le lit que j’avais fait avec soin dans mon rituel quotidien, et me glisser dans mes draps qui sentent bon la lessive !
Buona notte!
art[25]. end.